Jean-Marie Billard-Madrières, co-fondateur de lapins bleus formation et Loïc Gagnant, co-responsable de lapins bleus Grand Ouest, étaient aux Rencontres documentaires de Doc Ouest pour une présentation-débat autour de Final Cut Pro X.
Quelques mois avant la mise à jour majeure prévue pour janvier 2012, ils répondent aux questions techniques que se posent les professionnels et analysent l’évolution du logiciel et du marché.

Jean-Marie Billard-Madrières : Le marché de l’audiovisuel continue d’évoluer vers la dématérialisation. La vidéo sur internet s’est beaucoup développée, et le schéma classique de télévision accuse le coup. On peut facilement imaginer qu’Apple a cherché à développer un logiciel pour faire de la télévision différemment. Notre expérience de centre de formation nous conforte dans cette analyse, car nous avons formé ces deux dernières années une dizaine de télévisions locales dont les nouvelles équipes ne travaillent pas du tout comme celles des télévisions nationales. Donc le marché évolue. La communication orchestrée par Apple et la sortie précipitée du logiciel sont surprenantes, certains professionnels se sentent mis de côtés, oubliés par cette nouvelle version, mais le projet FCP X est réellement intéressant si on l’étudie attentivement. Il devrait finalement convenir à la majorité des utilisateurs une fois les mises à jour arrivées et certains plug-ins développés.
- Que signifient les « événements » que l’on trouve à la place des chutiers ?
Loïc Gagnant : Un « événement » est en quelque sorte un chutier automatique. La gestion des « événements » n’a plus rien à voir avec la gestion des chutiers dans la version 7. Tout est automatisé. Vous visionnez un rush, au lieu de le ranger dans tel ou tel chutier, selon l’utilisation que vous voulez en faire, FCP X le fait pour vous. Vous lui dites que ce rush fait partie des favoris, qu’il concerne les interviews, telle personne, en extérieur… Et il vous le rangera automatiquement dans les « événements » correspondants. Il faut remplir les mots clés importants et il fait le reste. On peut aussi ajouter un mot clé sur une toute petite partie du clip, ce qui équivaut à créer un sous clip selon un critère. Le In et Out, eux, sont toujours là pour marquer un point d’entrée et de sortie.
- Les séquences ont-elles aussi disparues ?
LG : Oui, pour laisser place aux « projets ». Un « projet » est un montage. A un « projet » correspond une timeline. Pour dupliquer un montage, on duplique le « projet ».
- Comment procède-t-on pour commencer à travailler sur FCP X ?
LG : La première chose à faire lors de l’acquisition des rushes est de créer et nommer un événement : on y range nos rushes. Et une fois qu’on a l’événement et qu’on veut commencer un montage, on crée un projet. Le projet est donc associé à un événement principal. On peut ensuite associer plusieurs événements au projet.
Autre nouveauté, lorsque vous importez vos rushes, FCP X va les analyser. Et il va vous proposer de les corriger automatiquement : stabilité, rolling shutter, balance des couleurs… il peut aussi intervenir sur l’audio de façon très performante.
- Si on choisit de ne pas faire cette analyse au moment de l’import, peut-on la faire ensuite ?
LG : Oui, c’est toujours possible.
- Comment FCP X intègre-t-il un « projet », un « événement » venu d’un disque externe par exemple ?
LG : FCP X reconnaît automatiquement vos projets et vos événements. La bibliothèque d’événements est gérée par disque dur.
- Et si je souhaite travailler sur un seul projet, tous mes projets apparaissent dans ma bibliothèque ? Un projet sur lequel je ne souhaite pas travailler sera tout de même visible sur l’interface ?
JMBM : C’est le principe d’une base de données. On peut ensuite choisir quel filtre on utilise pour l’affichage des projets dans la bibliothèque. Cette base de données modifie le fonctionnement des sauvegardes. Chaque opération effectuée dans FCP X est inscrite dans la base : toutes les actions sont donc sauvegardées automatiquement. Si votre station de travail est brutalement coupée, vous n’aurez rien perdu de votre montage.
LG : Du coup, si on veut copier le projet sur un autre disque pour un infographiste par exemple, on ne peut pas directement aller dans l’arborescence du disque chercher le dossier projet, les rushes puis faire un relink, comme on pouvait le faire jusqu’à la version 7. Il faut passer par l’interface de FCP X pour exporter le projet, il va alors consolider le projet, sélectionner les médias, etc.
- Une base de données c’est bien. Mais peut-on l’adapter à son propre mode de travail ?
JMBM : Oui. Bien sûr. L’homme a encore le dessus sur la machine. C’est plus ou moins souple dans cette première version, mais on peut toujours paramétrer.
- On dit que FCP X est un logiciel qui s’adresse au grand public…
LG : Prenons l’exemple des medias Proxy : on travaille en Apple Pro Res Light, qui ne sera pas le fichier de sortie mais qui permet de faire du montage très rapide avec des fichiers très légers et ensuite de repasser sur le rush d’origine. Cette possibilité n’est pas faite pour les particuliers qui font du montage en amateurs le week-end… FCP X reste un logiciel de professionnels.
- Comment se passent les exports ?
LG : Pour les exports FCP X utilise nativement le moteur de Compressor, avec des fonctionnalités en plus comme l’export direct pour Youtube ou Facebook.
- Et qu’en est-il des exports OMF ?
LG : Il n’y aura pas d’export OMF, on pourra via le rich XML, donc il faudra un logiciel compatible ou un plug-in. Apple ne s’en charge plus.
- Mais alors quels sont les avantages réels par rapport à FCP 7 ?
JMBM : Ce qui changera la donne, c’est la demande de vos clients. Par exemple, les montages à destination du web. Lorsque vos clients vous demanderont de plus en plus de choses à destination d’internet, et que vous constaterez que FCP X propose des performances nettement meilleures pour les exports web, vous finirez par y passer… Il n’y a pas de grande urgence, FCP X est plutôt en avance.
LG : Certains de nos clients sont des Web Tv, et pour eux, c’est typiquement le logiciel qu’il faut : le simple fait qu’il propose des corrections automatiques des couleurs, des tremblements, et qu’on n’ait pas besoin d’aller étalonner ou mixer ailleurs, c’est génial.
Pour ceux qui ne sont pas des techniciens chevronnés, FCP X va les prendre par la main et leur permettre de se pencher davantage sur le contenu sans être trop handicapés par les obstacles techniques.


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